Côte atlantique

220 kilomètres de littoral où l'on passe en deux heures de route des marinas de Punta del Este aux dunes sans électricité de Cabo Polonio.

La côte atlantique uruguayenne s'étire sur près de 220 kilomètres entre Punta del Este et Chuy, à la frontière brésilienne. Sur cette bande littorale, le paysage se transforme tous les 50 kilomètres : marinas et tours résidentielles à Punta del Este, criques rocheuses à La Barra, dunes mouvantes à Cabo Polonio, longues plages de sable gris à Punta del Diablo. Nous parcourons régulièrement la route 10, puis la route 9 plus à l'intérieur, pour relier ces villages qui partagent une même façade océanique mais cultivent chacun leur identité.

Punta del Este reste la station balnéaire historique du pays, fondée dans les années 1900 et devenue dans les années 70 le rendez-vous de la haute société argentine et brésilienne. En janvier et février, la population passe de 10 000 à plus de 150 000 habitants, les prix d'hébergement doublent ou triplent, et il faut réserver les tables des restaurants de La Mansa ou du port plusieurs jours à l'avance. La sculpture de La Mano de Punta del Este, émergeant du sable de la Playa Brava, sert de point de repère depuis 1982. À quinze minutes en voiture vers l'est, José Ignacio a gardé une échelle de village de pêcheurs reconverti en enclave discrète, avec son phare de 1877 et ses parillas de plage comme La Huella.

Plus à l'est, le rythme ralentit. La Paloma et La Pedrera, dans le département de Rocha, attirent une clientèle de surfeurs et de familles uruguayennes attachées à une atmosphère sans démesure. La Pedrera organise chaque février son carnaval, l'un des plus suivis du pays après celui de Montevideo. Cabo Polonio constitue le moment de bascule : on laisse sa voiture à l'entrée du parc national, on monte dans un camion 4x4 qui traverse sept kilomètres de dunes, et l'on arrive dans un hameau sans réseau électrique conventionnel, alimenté par panneaux solaires et générateurs. Le phare, en activité depuis 1881, surplombe la deuxième colonie de lions de mer du pays, environ 2 000 individus selon les comptages réalisés par la Dinara.

Punta del Diablo ferme la marche, à une vingtaine de kilomètres de la frontière brésilienne. Ancien village de pêche au requin jusque dans les années 90, il vit aujourd'hui d'un tourisme largement uruguayen et argentin, avec des cabañas en bois sur la dune. Le parc national de Santa Teresa, juste au sud, abrite une forteresse coloniale du XVIIIe siècle construite par les Portugais puis prise par les Espagnols, et 3 000 hectares de forêts plantées qui descendent jusqu'à la mer. C'est l'un des rares endroits de la côte où l'on dort à l'ombre des eucalyptus à 200 mètres de l'océan.

La cuisine reflète cette géographie : chivito au plato, asado de tira dans les parillas familiales, et surtout poissons frais selon la saison, brótola, corvina, pejerrey, souvent servis avec une salsa criolla. Les pêcheurs de Punta del Diablo et de José Ignacio sortent encore en barque depuis la plage, technique que l'on observe au lever du jour en marchant le long du sable. Côté boisson, le tannat reste le cépage emblématique, mais le mate accompagne toute la côte, thermos sous le bras, du matin au coucher du soleil.

Notre équipe à Montevideo organise ces itinéraires en gardant à l'esprit que la côte ne se visite pas comme une succession de cases à cocher. Choisir entre l'agitation de Punta del Este, la lenteur de Cabo Polonio et l'isolement de Punta del Diablo, c'est déjà définir le tempo du voyage.

À découvrir

Cabo Polonio en 4x4 et lions de mer. Sept kilomètres de dunes traversés en camion tout-terrain depuis la route 10, puis un village sans électricité de réseau et 2 000 lions de mer rassemblés au pied du phare de 1881.

José Ignacio et son phare. Village de pêcheurs devenu enclave discrète entre Playa Mansa et Playa Brava, où l'on dîne pieds dans le sable à La Huella après une journée de plage.

Carnaval de La Pedrera en février. Trois jours de défilés et de murgas dans les rues de ce village de surf, l'un des rendez-vous les plus animés de la côte hors Montevideo.

Fort de Santa Teresa. Forteresse portugaise du XVIIIe siècle posée dans un parc national de 3 000 hectares, à quelques kilomètres de Punta del Diablo et de la frontière brésilienne.

Punta del Este vu de l'Isla de Lobos. Sortie en bateau d'une demi-journée vers l'île aux loups marins au large de la péninsule, qui abrite la plus grande colonie d'otaries d'Amérique du Sud.

Quand y aller

La saison balnéaire s'étend de décembre à mars, avec une eau entre 20 et 22°C en janvier et février, des températures de l'air autour de 26 à 30°C en journée, et un ensoleillement soutenu. C'est aussi la période la plus fréquentée et la plus chère, en particulier la quinzaine de fin décembre au 10 janvier où Punta del Este affiche complet. Nous conseillons souvent novembre, mi-mars et début avril : les températures restent comprises entre 22 et 26°C, l'océan est encore baignable autour de 18 à 20°C, et les villages retrouvent leur calme.

De juin à septembre, l'hiver austral apporte des températures de 8 à 14°C, des vents forts venus du sud-ouest, le pampero, et des journées courtes. La plupart des cabañas et restaurants de Cabo Polonio, La Pedrera et Punta del Diablo ferment, et l'offre se limite alors à Punta del Este. C'est une côte que l'on peut visiter en hiver pour ses paysages dépouillés et l'observation des baleines franches australes au large de La Paloma entre juillet et octobre, mais ce n'est plus du tout le même voyage.

Conseils pratiques

Nous recommandons un minimum de 5 jours pour parcourir la côte d'ouest en est sans tout enchaîner au pas de course : 1 nuit à Punta del Este ou José Ignacio, 2 nuits à Cabo Polonio ou La Pedrera pour s'imprégner du rythme local, 2 nuits à Punta del Diablo avec une journée au parc de Santa Teresa. L'entrée se fait depuis l'aéroport de Montevideo à 130 kilomètres de Punta del Este, soit environ 1h45 de route par la ruta Interbalnearia. L'aéroport de Laguna del Sauce, à 20 kilomètres de Punta del Este, fonctionne surtout en haute saison avec des liaisons depuis Buenos Aires.

La côte se combine naturellement avec Montevideo et le sud, en début ou fin de séjour, et avec la région de Rocha et ses lagunes pour qui veut prolonger vers l'intérieur, observer les oiseaux à la Laguna de Rocha ou monter à cheval dans les estancias proches. Le niveau de confort va du boutique-hôtel design à José Ignacio aux cabañas rustiques de Cabo Polonio sans eau chaude permanente : nous calibrons les hébergements selon vos attentes. Cette côte convient aux contemplatifs, aux familles avec enfants à l'aise sur des plages parfois ventées, et aux voyageurs qui aiment changer d'ambiance tous les deux jours sans changer de pays.

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